Beaume

BEAUME
02500 (Aub)
98 hab. Beauméens, Beauméennes
Maire : M. Bernard DERUMIGNY
Mairie : 03.2.397.72.69 / Secrétariat : M. REMY ; Mercredi : 16:30 à 18:00 ; Vendredi : 09:00 à 11:00
commune-de-beaume@orange.fr
commune-www.annuaire-mairie.fr/mairie-beaume.html
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(1 association : Société de chasse)
HISTOIRE & GEOGRAPHIE, voir site : http://inventaire.picardie.fr/docs/MERIMEEIA02000706.html?qid=
BELLUS MEZUS au moyen âge.
Autrefois rattaché à Leuze ; devenu paroisse en 1780.
Monuments : Eglise St Nicolas XVIIIè – XIXè.
Cours d’eau : Ruisseau de l’Etang, le Poliart, le Goujon.
Fontaine bleue et fontaine du Cuvier.
Hameaux : de la Courte-Soupe (1), La Rue-des-Marais, Monplaisir, le Mont-du-Faux, La Grange-aux-Bois, ferme du Bois-de-Beaumé.
(1) LA LEGENDE DE « LA COURTE SOUPE » (d’après Pol Verschaeren †, curé de Wimy) :
« Rouleux » ; « varouilleux » ; « merligueudiers »… le parler thiérachien ne manque pas d’épithètes pour désigner les cheminots, traîneurs de route et toutes sortes de pauvres hères qui parcouraient les villages pour quêter un abri , une pitance ou quelques pièces…
De Beaumé, était originaire un de ces vagabonds ; un certain Lacourt, toujours en recherche de soupe, matin midi et soir. D’où le sobriquet qui lui fut rapidement donné de « Courte soupe ». Il faut dire que le pauvre bonhomme dédaignait l’argent et préférait cent fois plus recevoir dans sa gamelle une bonne louchée de soupe au gras. Pourtant, son père, humble cultivateur, avait réussi tant bien que mal à accumuler quelques richesses en travaillant la terre et il avait coutume, en rentrant de son travail, de glaner quelques branches mortes pour en faire des fagots. Jamais il ne rentrait chez lui sans un peu de bois de chauffage. Il avait élevé cette habitude en principe et aurait voulu que sa progéniture en fasse de même.
Mais le fils Lacourt était si peu prudent en matière d’épargne que malheureusement, les maigres économies de son père furent vite envolées après sa mort, aussi vite que les oiseaux qu’il passait son temps à admirer pour leur insouciante existence… La bourse héritée du paternel fut vide en un rien de temps. Il ne restait au fils indigne que le toit d’une maison déjà bien endommagée et bien peu garnie de meubles ! On le sait : la pauvreté n’engendre pas d’amitié et Lacourt se retrouva vite seul au monde, sans savoirs ni connaissances et opta donc pour la vie de coureur de chemins.
Son existence se résumait alors à marcher de village en village, se réjouissant de voir les autres travailler : cultiver, semer, moissonner, élever leur bétail… autant de produits dont il savait qu’il en obtiendrait quelques miettes. Il suffisait de demander ! Chance pour lui : on le recevait toujours aimablement, même parfois aux fêtes, noces, baptêmes et autres réjouissances. Sa philosophie restait de ne surtout rien faire… et de bien le faire savoir. A tel point qu’il enseignait cet art de vivre à d’autres « varouilleux » de son espèce.
Or, apparut un jour dans le pays un homme d’origine étrange et étonnamment riche qui s’établit au lieu-dit « Le Mont-du-Faux ». Il passait pour fort généreux et ses largesses envers les villageois semblaient sans limites. Mais cela cachait un terrible double jeu : s’immisçant dans les conversations des uns et des autres, il parvint à semer discorde et jalousie parmi la population beauméenne…
Parvenant à rencontrer « La Courte Soupe », l’inconnu se prit de grâce à l’inviter à sa propre table pour un bon repas : gigot d’agneau aux flageolets, tarte aux pommes… C’en était trop pour le misérable Lacourt dont l’ordinaire se faisait d’une écuelle de soupe ! Ce qu’il fit sans manière en allant la déguster en la paisible compagnie des oiseaux. Pendant sa sieste coutumière, Lacourt fut réveillé par le riche bourgeois qui l’avait invité pour une partie de biquédos (*). Ce dernier, laissant gagner son hôte à ce jeu d’adresse, offrit à Lacourt, cinq écus d’or que bien sûr il refusa…
Quelques jours plus tard, ce fut une belle somme d’argent qu’il déclina contre le port d’un message. Lacourt s’acquitta de sa tâche mais déclina l’argent. Plusieurs fois, ce manège fut entrepris par le corrupteur. Durant des années même, jamais celui-ci ne parvint à enrichir le bon Lacourt de quelque manière que ce fut et finit par quitter le Mont-du-Faux pour se faire oublier.
Bien des années plus tard, le bourgeois qui n’était autre que le diable, réapparut en guenilles et opta cette fois pour le mode de vie du vagabond et pris le surnom de « Hurtebise ». Il quitta sa condition de diable pour redevenir humble parmi les humbles. Ensemble, ils observaient les oiseaux de Thiérache, la ronde des nuages et se contentaient du temps qui passe. C’est ainsi que « la Courte soupe » et « Hurtebise » vécurent longtemps sur les chemins de ce pays, vécurent très vieux et laissèrent leur souvenir sous le nom de deux des hameaux du village de Beaumé…

(*) Ou « Biquets d’os » : jeu d’osselets fait de cinq petits os de moutons.